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La Nouvelle Expression - Le nouvel axe de coopération entre les deux pays est défini. En paraphant, hier à Yaoundé, le document-cadre y affairant, le ministre français délégué à la Coopération a souligné la volonté de vigilance de son pays par rapport aux instruments de gouvernance que le Cameroun devrait actionner pour mieux tirer profit des ressources issues du C2D.
Elle l’a dit avec un ton relevé. “Mais, je ne vous cacherai pas, M. le Premier ministre, que la réussite du Dcp [Document cadre de partenariat] comme celle du C2D [Contrat désendettement développement] reste fondée sur au moins deux paris : d’abord sur l’engagement des autorités du Cameroun à créer les conditions nécessaires au retour d’une croissance économique saine par la dynamisation du secteur privé formel, seul “vrai moteur” d’un développement durable, ce qui suppose la création d’un cadre fiscal et juridique sécurisé indispensable à l’amélioration du climat des affaires ; ensuite, sur la volonté réelle des autorités d’améliorer la gestion des finances publiques et de lutter contre la corruption”. Pour la ministre française déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, la confiance, dans ce nouvel axe de coopération qui va couvrir la période allant de 2006 a 2010, n’exclut pas la méfiance. “Nous vous faisons confiance pour agir en ce sens, en vous rappelant notre vigilance”. Sur cet aspect donc, Brigitte Girardin a évité la langue de bois. L’enjeu en vaut la chandelle. Le Document cadre de partenariat et du Contrat de désendettement et de développement, qui vient ainsi d’être signé, permettra au Cameroun, au titre du seul Contrat désendettement, de bénéficier de 65 à 70 milliards de F Cfa par an à partir de l’année en cours. Pour la diplomate française, il s’agit du C2D le plus important jamais signé par la France. D’où la nécessité de définir ce nouvel axe de coopération qui, pour les deux parties signataires, a le gros avantage de la “ prévisibilité ”. “Dorénavant, a souligné Mme Girardin, le mécanisme de refinancement prévu par le C2D, dont les volumes sont connus par avance avec précision, permet une programmation sereine dans un horizon de moyen terme.”
Bouffée d’oxygène Le C2D camerounais va contribuer de manière significative au développement du Cameroun. Le Premier ministre chef du gouvernement l’a redit. Pour rassurer le partenaire français de la détermination du gouvernement dont il a la charge à poursuivre les mesures d’assainissement et de lutte contre la corruption engagée depuis quelques mois. Dans les milieux gouvernementaux, on parle de bouffée d’oxygène. Une allusion claire aux plus de 700 milliards que le C2D est susceptible d’apporter à moyen terme. Construction d’infrastructures, conduite des politiques d’enseignement, de santé ou de développement agricole, etc. le nouveau cadre de coopération bilatérale entre la France et le Cameroun, ainsi que l’initiative d’allègement de la dette multilatérale, laissent, en effet, entrevoir quelques espoirs. Ces deux initiatives représentent chacune au moins 60 milliards de F Cfa par an d’allègements pour le budget de l’Etat. Soit au total, un gain de financements supplémentaires de l’ordre de 200 milliards de F Cfa. Les domaines prioritaires d’intervention ciblés par le nouveau Dcp sont : l’amélioration de la gouvernance et le renforcement institutionnel, la santé et la lutte contre le Sida ; l’éducation de base ; les infrastructures, l’agriculture et la sécurité alimentaire et bien autres.
Par David Atemkeng
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