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Cameroon Tribune - "... Le Minsanté parle par exemple de 500 à 600 médecins camerounais actuellement aux USA. La même situation s’observe en France ou en Belgique. Face à ce problème, la stratégie sectorielle de santé a favorisé le recrutement de 1800 agents de santé..." La crise du personnel a été au centre des activités marquant la Journée mondiale de la Santé au Cameroun.
Les agents de santé ont eu leur jour de gloire vendredi dernier. A la faveur de la célébration de la 59e édition de la Journée mondiale de la Santé, c’est l’esplanade du ministère de la Santé publique qui a accueilli le personnel des diverses formations sanitaires de Yaoundé. Côté officiel, le ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, et d’autres membres du gouvernement ont apporté leur soutien au corps médical. C’est ainsi que le vice-président de l’Ordre des médecins, le Pr. Tetanye Ekoe, s’est interrogé sur la qualité des prestations des 4000 médecins de l’Ordre. Pour lui, elle reste insuffisante du fait de l’absentéisme, de l’affairisme, de la corruption mais surtout, de la fuite des cerveaux. Un mal pourtant que les pouvoirs publics peuvent extirper de la profession à travers une politique de développement des ressources humaines. Aujourd’hui, en effet, il existe un médecin pour 40000 Camerounais. Ceci est la conséquence de l’insuffisance de l’offre en médecins formés. Au Cameroun, 100 médecins sont formés chaque année à la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I contre 1000 autres dans les universités étrangères. Pire, ces derniers restent souvent dans le chômage.
Pour sa part le gouvernement camerounais a rendu hommage aux agents de santé. Urbain Olanguena Awono a salué le dévouement dont ils font montre pour sauver la vie des millions de Camerounais. Il a cependant déploré à son tour la fuite des cerveaux. A ce niveau, nombre de médecins envoyés en spécialisation choisissent de rester à l’étranger. Le Minsanté parle par exemple de 500 à 600 médecins camerounais actuellement aux USA. La même situation s’observe en France ou en Belgique. Face à ce problème, la stratégie sectorielle de santé a favorisé le recrutement de 1800 agents de santé. Le gouvernement est également autorisé à recruter 560 autres agents au cours de cet année budgétaire. Mais dans les hôpitaux, la lutte contre la corruption devra s’intensifier. Du côté de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), on fait état de ce que l’Afrique est en bute à une crise sans précédent en ressources humaines. Lors de son intervention, le représentant résident de l’OMS au Cameroun, Dr Helène Mambu-Ma- Disu, a plaidé pour une amélioration des conditions de travail des agents de santé. l’OMS a également promis son soutien au gouvernement en ce qui concerne l’amélioration de la disponibilité des agents de santé. La coordinatrice du système des Nations Unies au Cameroun, Sophie de Caen, a également délivré le message de circonstance du SG de l’ONU.
Par Armand ESSOGO
Urbain Olanguena Awono, ministre de la Santé publique:
"La situation des ressources humaines en santé est très critique. C’est même une situation de crise en ce qui concerne l’Afrique sous l’effet de plusieurs facteurs. Le gel des recrutements pendant plusieurs années a modifié complètement la pyramide des âges dans le secteur de la santé. Il y a les départs à la retraite et malheureusement le phénomène de la fuite des cerveaux. Les pays pauvres comme les nôtres se trouvent en compétition avec les pays les plus riches du monde qui ont aussi un important besoin en agents de santé. Pour trouver une solution à cet exode, nous travaillons pour mettre en place un plan de développement des ressources humaines au Cameroun avec le concours de nos partenaires. Ce plan va nous amener à nous projeter sur une période suffisamment longue, 2006/2015. Il est question de mobiliser surtout les financements pour atteindre cet objectif. Nous allons également travailler sur les mesures incitatives capables de nous permettre de maintenir ce personnel dans nos formations sanitaires. En ce qui concerne les médecins formés à l’étranger, je dois dire que nous n’excluons aucune ressource humaine camerounaise où qu’elle se trouve. C’est pour cette raison que nous cherchons à mobiliser les moyens financiers pour avoir toutes les ressources."
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