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Le ministre de la Santé a brossé un état des lieux alarmiste à ce sujet vendredi dernier.
Il n'est plus à démontrer que l'utilisation de la drogue est aujourd'hui une pratique courante en milieu sportif. Et s'il n'y a plus d'activité sportive sans dopage, "il n'y a pas de société sans drogues", affirme le professeur Pierre Ama, expert en physiologie du sport. C'est dire que tous les Etats sont confrontés à ce phénomène, à des degrés divers. Le Cameroun n'échappe donc pas à cette réalité. Et s'il est difficile d'avoir des statistiques fiables sur l'ampleur du phénomène, le Pr Ama indique que la consommation des stupéfiants, aussi bien par les sportifs que le reste de la population a connu une "légère hausse" ces dernières années.
"La situation de la drogue au Cameroun n'est guère reluisante (car) notre pays est devenu au fil des ans, une zone de circulation et de consommation de cocaïne et d'héroïne ; le trafic illicite de drogues gagne nos rues, nos lieux de détente, mais aussi nos campus, lycées et collèges (…). Les actes de violence, les accidents de la route et autres actes criminels sont souvent la conséquence de l'abus des stupéfiants", reconnaît le ministre de la Santé publique (Minsanté). C'était au cours de la cérémonie commémorant la 22è édition de la Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite de drogues célébrée vendredi 26 juin dernier au campus de l'Institut national de la jeunesse et des sports (Injs) à Yaoundé, et placée sous le thème : "La drogue contrôle-t-elle ton sport ? Pas de place pour le dopage".
Surtout que, avoue-t-il, les mesures prises par le gouvernement pour combattre ce fléau (la création du Comité national de lutte contre la drogue et des unités spécialisées de lutte antidopage dans certains ministères et institutions publics) "sont encore insuffisantes face à l'ampleur du problème". D'autant plus que dans notre pays, "la prise en charge des toxicomanes est encore limitée aux unités de santé mentale peu nombreuses". Or, la prise prolongée de la marijuana, de la cocaïne, des anabolisants et autres substances dopantes, continue à faire des victimes car nul n'est sans ignorer que ces substances provoquent certes la dépendance, mais modifient la morphologie de celui qui en prend, n'a pas manquer de souligner le Pr Ama. A la fin de la cérémonie, le Minsanté a procédé à la destruction symbolique de quelques stupéfiants. Des kilos qui sont pourtant loin de résorber le problème.
Patricia Ngo Ngouem
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